Malades

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La situation du plus grand hôpital du Congo, le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, est un puissant révélateur de ce qui nous arrive et de ce que nous sommes capables de faire. Depuis plus d’un mois, les agents ont décidé de se croiser les bras en réclamation de mois d’arriérés de salaires. Réunions et concertations et même interpellations des Evêques du Congo semblent n’avoir eu qu’un impact limité sur le cours des choses.

Inutile de rappeler le désarroi et l’anxiété dans lesquels nous plongent la paralysie et la lente mort d’un secteur aussi déterminant du respect du plus primaire des droits de l’homme, celui à la santé. Nous vivons un état général de naufrage social, faut-il également faire le constat du décès de la sensibilité aussi bien de la part du Gouvernement que de celui des agents de santé ?
Exhorter à une reprise du travail de personnels qui ont du mal à réunir de quoi prendre les transports publics – quand il y en a – est facile. Mais il est tout aussi malaisé de demander à un Gouvernement dont même les ministres sont – en principe – à la diète, de s’émouvoir de la situation d’un établissement hospitalier qui, disons-le, même dans les temps qui furent ne réunissait pas dans l’opinion les avis les plus élogieux !
Or, difficultés + difficultés = difficultés supérieures. Pas amélioration de notre situation d’ensemble.
A vrai dire, la voie de sortie ne résidera pas seulement dans le paiement des arriérés de salaires. Elle passera aussi par l’amélioration des conditions de travail des agents de santé ; par l’amélioration de leurs propres capacités à accueillir les malades – et à les soigner. Y arriverons-nous ? Si la réponse est oui : sommes-nous en mesure de garantir à l’infirmier qui aura touché sa paye de trouver le bus qui le ramènera à la maison? D’y retrouver une famille qui aura mangé à sa faim? Des enfants qui seront rentrés d’une école où les cours auront été assurés régulièrement? Un environnement de sérénité qui déterminera la sérénité du lendemain au travail?
Il n’est pas sûr que nous cochions la bonne case à chacune de ces interrogations. Car la réponse de sagesse commande de constater que nous sommes tous concernés et que nous devrons, tous, fournir une part d’effort de sortie de crise. Et pas qu’en paroles.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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