La case du voisin

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Une réunion sur le brasier qui se consume dans la région des Grands Lacs vient de se tenir à Brazzaville. Hier, c’était une rencontre sur la Lybie ou la République centrafricaine : il y aurait de la facilité à conclure que le Congolais aime à s’occuper des autres. Et que, même avec une économie malade, il est quand-même soucieux de la paix et de la stabilité chez les voisins, donnant l’impression de reléguer au second plan les préoccupations dans ses assiettes, hôpitaux et autres caisses de retraite. Que le désespoir ne nous fasse pas oublier le devoir premier de solidarité. En chrétien et en citoyen, nous n’aurions qu’à y gagner.


Car, à dire vrai, il y a de l’orgueil à nous savoir prompts à nous porter au-devant des frères. Et à nous convaincre que même dans nos pauvretés généralisées, nous ne sommes pas pauvres des mêmes pauvretés. Que les urgences du moment, dans une région aussi stratégique que celle des Grands Lacs, ne se limitent pas à un passeport exigé aux frontières artificielles d’aujourd’hui. La férocité des groupuscules autour de minerais, celle non moins agressive des tentatives d’infiltration d’un islam intolérant; les menaces perpétuelles sur les équilibres ethniques précaires  dans une zone où les traumatismes d’un effroyable génocide sont encore visibles; les balbutiements d’une démocratie pluraliste qui se cherche à tâtons etc… ne sont pas les apanages de la seule RDC, du Burundi ou du Rwanda. Et puis, quel sens y aurait-il à se gaver de contentement chez soi quand tout autour brûle !
La case du voisin, on le sait, peut aussi entraîner la sienne propre en cas d’incendie. Il faut donc se joindre aux sauveteurs. Sans oublier toutefois que nous grandissons en sagesse, chaque fois que nous appliquons à nous-mêmes les enseignements tirés du louable sauvetage des autres.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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