Merci Eminence !

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Il y a du beau à constater que même dans un monde comme le nôtre, sclérosé par les antivaleurs en métastase, la vertu de solidarité tient toujours. Pendant une semaine, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga a été notre hôte. Dans ces colonnes, il a expliqué être venu dire merci, à sa manière, aux Congolais pour la solidarité multiple dont ils ont fait montre à l’endroit de son pays et de son peuple. Il ne serait pas erroné de penser que nous-mêmes avions autant de mercis à son endroit, pour ses prières incessantes pour nous; pour le fait même d’être un digne représentant de cette Afrique centrale martyre dans sa chair et dans son âme.


Le Cardinal Nzapalainga est venu accompagner de son témoignage direct les travaux de la 46è Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo. Témoignage rassurant, parce que témoignage vivant, au sein d’assises qui avaient placé en leur centre le thème de l’œcuménisme. Né de parents protestant et catholique, protestant devenu catholique lui-même, il ne peut parler d’œcuménisme qu’à la première personne ; une voix autorisée – mais y en a-t-il une seule interdite lorsqu’il s’agit de dire le bien ?- quand il exhorte au dialogue et à la paix avec cette conviction qui ne lui vient pas des livres.
Au sein de la Plateforme des religions en Centrafrique, qui rassemble catholiques, protestants et musulmans, sa démarche a porté au-delà des portiques. A Kinkala, il est allé prêcher l’Amour et non la haine aux centaines de désespérés sortis de leurs cases et villages à cause de la folie insensée qui consume le Pool. A la Basilique Sainte-Anne, dimanche, il a de nouveau rappelé que l’autre nom de Dieu était Amour. Il a réitéré que l’œcuménisme est un atout pour les baptisés lorsqu’ils parlent et agissent de la seule voix des fils de Dieu.
Choses connues, dites-vous ? Sans doute. Mais lorsqu’il ne se passe pas une décennie dans nos pays sans que l’on ne saute à la gorge les uns des autres, cette insistance souligne des insuffisances de comportement et de traduction dans les faits de la Parole du Dieu-qui-est-Amour. Une piqûre de rappel.  Le Cardinal Nzapalainga dont le pays est identique au nôtre, au moins dans le recours atavique à la violence comme mode de résolution des différends, est venu porter ce message immuable-là. Et personne n’est fondé à ne pas l’entendre, à se soustraire à ses impératifs au prétexte qu’il ne croit pas en Dieu ou qu’il croit en un Dieu différent. Tous, sommes invités à la paix à partir de nos lieux de vie. Et à ne pas nous sentir obligés de continuellement explorer les graduations de la violence, parce qu’au-delà de la souffrance infligée et subie, il n’y a que l’homme. C’est-à-dire nous tous. Merci Eminence; au-revoir et à bientôt, comme l’a dit le président de notre Conférence épiscopale.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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