Transparence

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Il y avait de l’équilibrisme dans l’air à la conférence de presse du Premier ministre Clément Mouamba. Le sujet abordé est délicat et sent son soufre. Car chaque fois qu’il est question de négociations du Congo avec le Fonds monétaire international, les opinions sont toujours allées plus vite que la musique. Sans doute parce qu’échaudées par une tradition d’effets boomerangs qui leur reviennent en plein dans l’assiette pendant que les gouvernants tiennent le langage le plus rassurant.

Les Programmes d’ajustement structurel, les fameux PAS, nous sont arrivés malgré les protestations véhémentes des dirigeants qui, à l’époque, assuraient: «Le FMI ne passera pas» ! Aujourd’hui le FMI est notre bouée de sauvetage…
Et puis, pour un salarié qui estime déjà assez faible son actuel pouvoir d’achat, la perspective de se voir taillé son salaire alors même que ceux qui ont droit à une retraite méritée en sont jusqu’à huit mois de retard de pension, n’est réjouissante pour personne.
Le premier ministre a donc bien fait de tenter la transparence des chiffres ; de tenter de  rassurer. A-t-il réussi? Il y aura sans doute autant d’avis que de familles qui s’exprimeront sur la question même si toutes, à des degrés divers, ressentent quand-même les effets de la conjoncture de morosité dépeinte par le premier ministre lui-même.
Deux ans pour retrouver la croissance? Une maîtrise possible de notre surendettement? Des réformes à mener ou à poursuivre? Tout cela n’est possible que si la retombée dans l’opinion se fait au concret. Et si ce que le chef du Gouvernement a pudiquement qualifié de «faiblesse dans la gouvernance» ; c’est-à-dire en clair la corruption, connaît dans le commun du Congolais une perception qui ne se limite pas aux mots. C’est vrai, et le premier ministre l’a rappelé, il s’agit d’un problème d’ensemble pour tous les Congolais. Mais la volonté de le prendre à bras-le-corps sera donnée par l’égal acharnement à le juguler chez le rançonneur de la route, le douanier comme chez le haut-cadre bien en vue.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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