Vertus

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Il n’est sans doute pas anodin que, pour une des rares fois, l’Eglise et l’Etat s’inquiètent en même temps de l’expansion d’un mal qui devient endémique. Partie du Gouvernement et agents pastoraux prennent la parole cette semaine pour alerter sur la propension que prennent les antivaleurs chez nous. Le mot nous semble nouveau, mais la réalité à laquelle il renvoie nous est familière. Qu’il s’agisse de détournements de deniers publics, de gabegies, d’impunité ou de dégradation de matériel utile à la communauté, tout cela relève des antivaleurs. Les «après tout, le ciel ne tombera pas!» ; les «on part on part» et les «sais-tu qui je suis?» renvoient directement aux marigots où les vertus ont valeur de peu.


Et nous le constatons, subissons ou perpétuons de jour en jour sans que quiconque ait la force jamais de s’élever au-dessus de la médiocrité pour crier au feu !
Bientôt la rentrée scolaire avec son cortège de passe-droits et de petits passages par la bande pour faire avancer le fiston qui,  l’an dernier, ne se donnait pas la peine de réviser ses leçons et a été justement sanctionné pour cela. Instruits au moins de cette aubaine, des enseignants et dirigeants d’écoles vont se faire de l’argent facile en bricolant toutes sortes de taxes préalables.
Ce que voyant, le policier du quartier, l’infirmier et jusqu’au plombier officiel de la SNDE ou au technicien de la Société nationale d’électricité, vont eux aussi se dépêcher de faire peser sur les faibles le poids des responsabilités qui leur incombent dans le service (en principe) gratuit au citoyen. «Merci ne fait pas bouillir une marmite», nous répète-t-on, dans une réclamation de prébendes devenue sans pudeur.
La semaine qui vient, l’Année pastorale va s’ouvrir dans l’Archidiocèse sur le thème des antivaleurs, alors que celle qui s’achève a vu deux ministères, la Vice-primature et l’Economie forestière (voir P. 11), s’élever contre ces antivaleurs. Il faudra bien pour faire changer les choses. Mais entre crier dans le désert et enfuir sa tête sous le sable on peut hasarder qu’il y a un début d’action dans le fait de crier et très peu à attendre d’un silence collectif.

Albert S.  MIANZOUKOUTA

Informations supplémentaires