Alternances

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En quelques jours à peine, l’Afrique vient d’offrir au monde trois, peut-être même quatre modèles de remplacement des élites politiques. Car l’alternance au pouvoir n’a pas une seule école, et le génie des peuples prend le chemin qu’il veut pour peu qu’on le laisse libre de s’exprimer. Au Kenya des juges (citoyens) ne s’en sont pas tenus aux formalismes des communiqués formolisés des observateurs électoraux, nationaux ou non, pour qui toute élection africaine est toujours par essence normale et sans «rien qui en altère le résultat ». Pour le meilleur ou pour le pire, la Cour constitutionnelle kenyane a décidé d’inverser le jugement.


En Angola, le Président Dos Santos a décidé de quitter le pouvoir volontairement et d’organiser sa succession. Les Angolais vont avoir un nouveau Président de la République. Si leur bonheur ne tenait qu’à la condition d’un renouvellement à la tête de l’Exécutif, nous ne devrions pas tarder à le savoir.
En Côte d’Ivoire, le Président Alassane Ouattara a décidé de ne pas se porter à la tête de son parti… et d’y favoriser une femme. Quand on sait que le rôle de président ou de secrétaire général du parti dominant est l’assurance d’un maintien tranquille à la tête de l’Etat, ce geste n’est pas banal. Et de s’effacer au profit d’une femme ajoute à l’originalité.
Il s’agit de trois cas assez singuliers d’alternance ou de recherche d’alternance à l’africaine. Feront-ils école ? Sont-ils seulement à imiter et gage de stabilité et de meilleur développement ? Hirondelle au printemps ou amorces de changements profonds : regardons le futur et jugeons. Car le naturel peut avoir du souffle, ainsi que le montrent les manifestations-répressions  au Togo, une autre manière bien connue en Afrique de rechercher l’alternance.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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