Diplomaties

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Il est heureux que, malgré l’atmosphère de morosité, notre pays choisisse de se porter aussi au-devant de frères en difficulté et active sa solidarité. Le Comité de Haut-niveau de l’Union africaine sur la Libye vient ainsi de se réunir à Brazzaville, et le Président de la République y a rappelé l’importance que l’Afrique attache à un retour pacifié de la normalité en Libye.

2011 et l’assassinat du colonel Kadhafi ont porté un rude coup à ce pays que nous nous étions habitués à considérer avec curiosité, mais aussi avec intérêt, surtout pour ses avancées sociales indéniables. Et sa solidarité.
Qu’il soit devenu la passoire de tous les trafics : migrants, crimes, radicalismes religieux, ne fait plaisir à personne aujourd’hui. Avec des visées divergentes, pays européens qui ne sont qu’à un jet de pierre des côtes libyennes, et pays africains qui voient sans grande indignation leur jeunesse prendre d’assaut la forteresse européenne en traversant de préférence la Libye – et en y mourant – trouvent tout l’intérêt qu’il y a à aider ensemble la Libye à se relever. C’est pourquoi la rencontre de Kintélé a fait déplacer des délégations des deux berges de la Méditerranée, même si quelques chaises vides et un manque de conclusions percutantes marquent les limites de la volonté proclamée, à l’Union africaine comme à l’ONU, d’une «préférence de solutions africaines aux problèmes africains».
Proclamer n’est pas agir, mais les mantras ont aussi leur effet de stimulation. Il s’agit d’y croire. Et de se réjouir aussi que, malgré notre propre situation qui appelle à tant de médiations sociales ou politiques, notre sens de fraternité nous fasse établir des échelles de valeur. C’est sans doute comme cela qu’il faut comprendre que dans le même temps que la diplomatie s’exerçait sur la Libye à Kintélé, le président Joseph Kabila de RDC ait jugé utile de franchir le fleuve. Qu’est-il venu faire ? s’interroge l’homme de la rue qui n’a pas même un communiqué officiel à éplucher. Le fait qu’il soit venu, qu’il ait été reçu sont à l’actif d’une diplomatie de fraternité qui a sans doute plus à apporter aux pays, ne serait-ce qu’en termes de consolidation des voisinages.
Une diplomatie africaine s’est exercée à Brazzaville cette semaine. Elle doit s’imposer comme démarche première dans nos crises, en interne et en externe. Car c’est se sauver ensemble qui a un sens, pas sombrer à l’unisson.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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