Crise

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Que la crise soit effective, personne n’en doute plus. Ici et  là, les travailleurs crient: qui pour réclamer des arriérés de salaire, des primes de licenciement, des pensions de retraite ; qui pour réclamer, tout simplement, un budget de démarrage. Dans les villes, les chantiers arrêtés parlent des temps qui furent et que nous devrions retrouver. Parce que, aussi bien tel immeuble en abandon que tel hôpital décrépi, telle école ou telle route de nouveau menacée de coupure avec l’arrivée prochaine des pluies, tel programme de financement… tout suggère que tout devra repartir un jour. Mais quand ?


L’alignement des astres est peut-être favorable pour qui s’en remettrait à la méthode Coué. La persistance de la crise pourrait être l’occasion de revoir et corriger les errements qui ont conduit aux gouffres. Et le dialogue avec le FMI, pour difficile qu’il s’annonce, est aussi une occasion de raviver des espoirs de vérité. Des rangs du Gouvernement comme des travées du Parlement, les discours et exhortations ne sont désormais qu’incitation à mieux faire aujourd’hui; encouragement à faire différemment, promesse à se mettre – promis; juré !– au service effectif de la Nation. Logique: nous sommes au début d’une législature, et tous les langages sont unanimes dans  les engagements à tenir. Tout en se composant de visages connus – et déjà «testés» - les postes de responsabilité gouvernementale devraient au moins recevoir la stimulation de l’attente générale. Que vont-ils faire maintenant qu’ils ne nous aient déjà fait ? S’interroge une opinion lassée des éternels délestages et gazouillis de robinets secs. C’est-à-dire du spectacle ordinaire d’aujourd’hui, dans l’attente d’un extraordinaire qui n’est, au fond, que l’ordinaire qui aurait dû être.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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