Le monde d’après 11 septembre 2001 en est bien un autre!

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Il y a des événements qui bouleversent l’humanité, au point de donner à l’histoire une nouvelle orientation. On peut ainsi parler de la révolution française de 1789, de la Première et de la Seconde guerres mondiales ou de la fin de la guerre froide avec la chute du mur de Berlin. Les attentats du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis, qui ont bouleversé le monde, par leur côté spectaculaire et le choc des images, constituent un événement qui a donné une nouvelle orientation à l’histoire du monde moderne et dont nous ressentons ou nous vivons les manifestations jusqu’en Afrique: les régimes pas ou peu ouverts à la démocratie deviennent une menace réelle au monde libre. Chaque occasion est bonne pour les gommer de la surface de la terre. Alors président français, Jacques Chirac s’est opposé, de toute son énergie, à la guerre contre le régime de Saddam Hussein, en Irak. Dominique De Villepin est son porte-parole aux Nations unies pour exprimer le non de la France à la guerre contre l’Irak. La grande crise politique dans le bloc occidental! Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont: Jacques Chirac se débat dans des procès interminables dans son pays, tandis que son ancien premier ministre a du mal à tenir tête au tout-puissant tombeur de son mentor.

 

Sarkozy a-t-il compris qu’il faut se jeter corps et âme dans la guerre pour un monde libre et sûr, à la suite des Américains? Sa décision de larguer la première bombe sur une ville de Tripoli, où règne le dictateur libyen que les Nations unies venaient de condamner (résolution 1973), a surpris et inquiété bien des capitales africaines des pays amis. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Kadhafi a été renversé et sa tête a même été mise à prix. Le monde libre s’est débarrassé, non sans peine, d’un dictateur mais qui est encore recherché. Les Américains avaient eu du mal à dénicher Saddam Hussein dans son trou de souris.

Les révélations de Me Robert Bourgi, sur les relations sulfureuses entre les dirigeants africains et la classe politique française, sonnent comme un tournant décisif. Non pas à cause des histoires de fric entre les dirigeants des pays africains pauvres et leurs homologues français -les pratiques sont connues du grand public, depuis les révélations de Pierre Péan, en 2000, dans son livre «L’argent noir»- mais de ce qu’il a annoncé: «Après le printemps arabe, il y aura bien un  printemps africain».

Lors de la traditionnelle conférence annuelle des ambassadeurs français, le 31 août dernier, Nicolas Sarkozy l’avait exprimé, clairement, en disant en substance: dans le passé, c’était une erreur pour la France d’avoir soutenu des régimes qui s’éternisent au pouvoir. On y a prêté peu d’attention. Mais, il est clair que la France de Sarkozy n’est plus celle de Chirac ou de Foccart. Le président français a affiché sa volonté d’un leadership international pour le changement. Simple calcul électoraliste? En tout cas, les faits sont là pour en témoigner.

Après les attentats du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis, le monde a pris une autre direction, avec la guerre déclarée contre «l’axe du mal». En dix ans, il y a eu de nombreux bouleversements. De plus en plus de peuples accèdent à la liberté et à la démocratie. Il y a lieu de le comprendre: le monde d’après 11 septembre 2001 en est bien un autre.

Joachim MBANZA

 

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