Qui nous délivrera démocratiquement de Trump?

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

En matière de communication, un théoricien canadien avait prédit que le monde deviendra un grand village. En effet, dans son célèbre essai paru en 1964 et intitulé «Pour comprendre les médias», Marshall Mac Luhan, devenu sociologue de la communication par ses travaux sur l’impact des médias dans la société, ne croyait pas si bien dire, alors que ses thèses suscitèrent beaucoup de réserves et de critiques, au départ.

Aujourd’hui, nous y voilà: mondialisation, technologies de l’information et de la communication ont transformé le monde en «un village global». Les technologies de l’information et de la communication ont aboli les distances géographiques et les frontières. Ce qui se passe à des milliers de kilomètres, à l’intérieur des frontières d’un pays souverain, intéresse et impacte au plus haut point les citoyens d’un autre pays.
L’élection de l’imprévisible et insaisissable Donald Trump comme 45e Président des Etats-Unis d’Amérique démontre à quel point le monde est un village planétaire, relativisant la notion de souveraineté des Etats. Trump, c’est le choix démocratique des Américains, et pourtant, il inquiète, par ses décisions, nombre de citoyens, à travers monde.
Pendant la campagne électorale, il a fait des promesses qu’on croyait irréalistes. Une fois investi dans ses fonctions, Donald Trump a transformé son stylo en un bombardier impitoyable. Ses décrets sont devenus autant de «bombes atomiques» ou de fatwas qui font des malheurs, pas seulement aux Etats-Unis, mais aussi à travers le monde. Non seulement une bonne partie des Américains manifestent contre ces décisions, mais encore à travers le monde, des citoyens se mettent dans la rue, pour protester contre le Président américain. Les secousses de la Première et de la Seconde guerre mondiales ont tellement meurtri l’humanité que sa survie tient à l’équilibre auquel le monde est parvenu aujourd’hui et qui est à parfaire. Or, un dictateur ou un autocrate, dans un coin du monde, peut être une menace pour l’humanité entière, comme on le voit avec le turbulent jeune Président nord-coréen.
A la tête de la première puissance militaire de la planète, Donald Trump, dont la politique n’est pas exempte de repli identitaire, a plongé subitement l’humanité dans l’angoisse. En Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique, en Océanie, partout sur les cinq continents, l’effet Trump ne laisse pas indifférent. Au bout de sa seule signature, voilà des milliers de personnes qui se retrouvent comme des apatrides dans les aéroports. Une signature qui a failli déclencher un conflit avec l’un des pays voisins des Etats-Unis, le Mexique, à propos de la construction d’un mur, pour séparer les deux Etats souverains.
Par son principe d’«America first» (L’Amérique d’abord), Trump est prêt à sacrifier la paix ou l’équilibre du monde, au nom des intérêts de ses seuls compatriotes. Les autres ne comptent pas. Désormais, après le terrorisme, le Président américain s’aligne comme la seconde menace contre la tranquillité de l’humanité. Jusqu’où pourra-t-il aller? Qui nous délivrera démocratiquement de ce milliardaire que rien ne semble arrêter? Les Américains sont bien placés pour nous le dire. Obnubilé par le pouvoir, mu par un nationalisme suranné, Trump n’écoute que sa conscience, développant un narcissisme qui le pousse à mépriser ceux qui ne partagent pas ses idées ou qui ne le comprennent pas. Il va se mettre à déconstruire ce que le monde a construit en plusieurs décennies après la Seconde guerre mondiale et la guerre froide. C’est vraiment inquiétant!

Joachim MBANZA

Informations supplémentaires