Ne pas laisser tomber la municipalisation accélérée!

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S’il est un programme national qui a réellement transformé le Congo, en une décennie, c’est bien la municipalisation accélérée. Spécificité congolaise, le concept s’est bien adapté et a fait ses preuves, même s’il est nécessaire de l’améliorer et corriger à tout prix certains de ses aspects. Le Congo, sous la houlette du président Denis Sassou-Nguesso, a mis à profit ce concept, avec des résultats fort encourageants, comme jamais depuis l’indépendance nationale, on a vu un  programme transformer le pays à ce point. Pour la première fois, l’Etat est intervenu en matière d’investissement en capital, de manière successive et continue, sur tout le territoire national, de 2004, à Pointe-Noire, et le Kouilou, à 2016, dans le département de la Bouenza.

Tous les douze départements administratifs du pays ont été bénéficiaires du programme de municipalisation accélérée. Critiquée de toutes parts, la municipalisation accélérée a suivi, tranquillement et sûrement, son bonhomme de chemin, jusqu’à toucher tous les départements, sans exception, même si le niveau de réalisation est différent d’un département à un autre. D’énormes progrès en investissements ont été réalisés, à travers le territoire national, sur fonds propres de l’Etat, grâce à la fameuse manne pétrolière. A l’exception d’Impfondo, tous les chefs-lieux de département sont reliés à la capitale par des voies goudronnées rejoignant les nationales 1 et 2, de Pointe-Noire à Ouesso. N’Kayi, la capitale sucrière, aura attendu 56 ans après l’indépendance, pour avoir, enfin, un aéroport digne de ce nom, avec une piste goudronnée et un aérogare moderne qui a remplacé le hangar qui en tenait lieu. Tout un symbole qui prouve qu’on revient de loin! Les Congolais, on le sait, sont prompts à la critique, comme pour se faire valoir ou se faire bonne conscience de leurs compétences. Mais, lorsqu’il s’agit de travailler pour développer, il faut, plutôt, chercher à la loupe les acteurs congolais qu’il faut. Voyez-vous, dans notre pays, même pour boucher les nids de poule, dans les villes, ou ramasser les ordures, on est obligé, pour que le résultat soit atteint, de recourir à des entreprises étrangères. Autrement, avec des sociétés congolaises, c’est-à-dire dirigées par des Nationaux, on court le risque que l’argent soit bouffé, le travail jamais fait ou inachevé, ou ne respectant pas le cahier des charges. En matière de gestion publique, la conscience du travail bien fait s’est effritée. Tout le monde veut profiter de tout.
Dans un tel contexte, les efforts réalisés avec la municipalisation accélérée méritent respect, même si cela ne les exempte pas de la critique. Il est vrai que si le choix des projets étaient faits avec la participation des forces vives des départements bénéficiaires, si l’on avait réussi à éviter les phénomènes de surfacturation, de marchés gré-à-gré ayant permis à certains opérateurs bénéficiaires de disparaître avec les fonds reçus ou de ne pas achever leurs travaux, etc., on aurait obtenu des résultats encore plus encourageants. Mais, tant qu’à faire, le pays a, tout de même, réalisé un bon parcours, sur le chemin du développement.
Dans sa phase liée à la tenue de la fête de l’indépendance nationale dans le chef-lieu du département bénéficiaire, la municipalisation accélérée est arrivée à son terme, cette année, avec le département de la Bouenza. Bien sûr, l’exécution des projets se poursuit, puisque celle-ci peut s’étendre sur deux ou trois ans. Il reste, maintenant, au gouvernement de concevoir la nouvelle phase de municipalisation accélérée, durant le quinquennat actuel.
A mon avis, cette deuxième phase peut viser comme objectif l’achèvement des projets prévus dans chaque département. Pour ce faire, on peut revenir sur la formule de la fête tournante, en choisissant, chaque année, un département donné. Mais, cette formule ne permettra pas de toucher tous les départements en un quinquennat. D’où la proposition de regrouper, chaque année, deux à trois départements où l’Etat concentre ses efforts d’investissement, pour réaliser les projets qui ne l’ont pas été et achever ceux qui ont été abandonnés en chemin. La fête de l’indépendance pouvant se tenir dans un des chefs-lieux des trois départements concernés ou reprendre sa place à Brazzaville. Ainsi, l’année prochaine, par exemple, on peut revenir sur Pointe-Noire, le Kouilou et le Niari, achever tous les projets prévus dans le cadre de la municipalisation accélérée. L’année suivante peut être consacrée à la Likouala, la Sangha et la Cuvette-Ouest. Et ainsi de suite.
Expérience fort édifiante, la municipalisation accélérée ne doit pas être abandonnée, mais plutôt, reprise et adaptée au nouveau contexte, pour permettre à tous les départements du pays de continuer à bénéficier du fruit du développement.

Joachim MBANZA

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