Obsèques d’Antoine Moundanda : L’artiste a été inhumé au cimetière de Wayako

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Décédé le 2 avril 2012, à Brazzaville, l’artiste musicien Antoine Moundanda «Vieux Mound» a été inhumé, vendredi 13 avril 2012, au cimetière privé de Wayako, dans la banlieue sud de la capitale. En présence de Jean-Claude Gakosso, ministre de la culture et des arts, et d’autres personnalités.

Peu avant l’inhumation, un dernier hommage, pas digne de sa renommée, lui a été rendu, à son domicile, au n° 117 de la rue Bouzala, à Ouenzé (arrondissement 5). Où on a noté la présence de Hellot Matson Mampouya, ministre de la pêche et de l’aquaculture, du directeur de cabinet du ministre de la culture et des arts, Célestin Akoulafoua Mvoula, des membres du commissariat général du Fespam (Festival panafricain de musique), conduits par le commissaire général, Dieudonné Moyongo, ainsi que des artistes, parents et amis. La cérémonie était animée par l’orchestre Bantou de la capitale, Clotaire Kimbolo «Douley», Kuyena Muzita, Jaquito Wa Mpungu, etc., qui ont, à leur manière, honoré leur ancien dans la profession.
Puis, une messe de requiem a eu lieu, en l’Eglise Saint Jean Marie Vianney de Mouleké, à Ouenzé (arrondissement 5 de la capitale congolaise). Elle a été célébrée par l’abbé Renaud Silvère Kinzonzi, curé de ladite paroisse, qu’entouraient d’autres prêtres, et animée par la chorale Ngunga, dont Moundanda fut membre du comité de soutien. Au terme de la messe, les choristes de Ngunga lui ont, à leur tour, rendu un hommage mérité, en interprétant, avec brio, ses grands succès, en brandissant les photos et posters de celui qu’ils appelaient, affectueusement, «papa Antoine». Ce qui a réveillé de vieux souvenirs à tous ceux qui étaient présents, dont certains n’ont pu retenir leurs larmes.
Peu après, le cortège funèbre s’est ébranlé en direction du cimetière de Wayako, où Antoine Moundanda, figure emblématique de la musique congolaise et virtuose de la sanza dans les années 60, 70 et 80, a été porté en terre.
«Vieux Mound» a eu le mérite d’avoir révolutionné cet instrument qu’il a adopté et qu’il s’est approprié, avant de le porter de neuf à vingt-deux cordes.
Avec la sanza, Moundanda a marqué de nombreuses générations, par son savoir-faire, mais, ce dernier n’a pas eu droit à un hommage officiel dû à son rang, à l’instar de Jean Serge Essous, Nino Malapet, Rapha Boundzeki, etc. Comme l’a, du reste, souligné l’artiste musicien Philippe Sita: «Vieux Moundanda est parti un peu dans l’anonymat, c’est dommage, par rapport aux amis musiciens décédés avant lui, comme Essous, Nino Malapet et Rapha Boundzeki. Et pourtant, Vieux Moundanda a été leur ancêtre dans la musique, il a été le premier musicien à avoir enregistré sur disque vinyle, avec les éditions Ngoma, à Léopoldville (actuelle Kinshasa). C’est un musicien de la trempe de Paul Kamba et Wendo Kolosoy. Alors, partir comme cela, franchement, je crois, que c’est un peu regrettable. Je crois que nous devons jouer à l’équilibre lorsqu’on a plusieurs enfants dans une parcelle, le traitement doit être le même pour les enfants et là j’interpelle le gouvernement».
Pour sa part, Kuyena Muzita a déclaré: «J’ai connu le grand Moundanda à Kinshasa, j’avais encore, je crois une vingtaine d’années, quand il faisait fureur avec sa chanson «Poto-Poto mboka monené». Il était perché dans un camion qui avait des hauts parleurs et qui faisait la ronde des avenues et lui se mettait à chanter. Quelques années après, nous avions eu un même manager et chantions ensemble, lui, avec son likembé et moi avec la guitare. C’est donc une perle que nous venons de perdre».
«Moundanda vient de laisser un grand souvenir qui n’est autre que ses chansons dont le succès a traversé les frontières. De nombreux musiciens, de la vieille comme de la nouvelle génération, interprètent ses chansons et cela fait entrer des droits d’auteurs et, sa famille, sa vie ne s’arrête pas parce que ses chansons démontrent qu’il est toujours en vie et qu’il est parmi nous», s’est exclamé Maxime Foutou, directeur du B.c.d.a (Bureau congolais du droit d’auteur).
Signalons que les obsèques de Moundanda ont été prises en charge par le gouvernement.
Adieu «Vieux Mound», que la terre te soit légère.

Alain Patrick MASSAMBA      

Informations supplémentaires