DISPARITION : Aurlus Mabélé, le roi du soukous, emporté par le coronavirus

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Un peu plus de sept mois seulement après Fernand Mabala «Le grand Moumbafouneur», décédé le 4 août 2019 à Paris, en France, la famille musicale congolaise est de nouveau frappée par un deuil. Elle vient, en effet, de perdre un autre de ses monstres sacrés, Aurlus Mabélé, le géniteur et propulseur du soukouss, rappelé à Dieu le jeudi 19 mars, dans la capitale française. Emporté par le désormais célèbre coronavirus. Le chanteur était âgé de 67 ans.

 

C’est à travers les réseaux sociaux que la nouvelle du décès d’Aurlus Mabélé a été annoncée par sa fille, la rappeuse Liza Monet: «Mon papa est mort ce matin du coronavirus...Merci d’honorer sa mémoire. C’est une grande légende du soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui. Je suis inconsolable et effondrée. Mon papa que j’aime tant...Aurlus Mabélé», écrivait-elle sur son compte Twitter. Depuis cette annonce, les hommages à l’endroit du chanteur disparu affluent des quatre coins de la planète que l’artiste avait conquis musicalement.
«Un artiste immense vient de nous quitter, emporté par le coronavirus. Cet artiste, c’est Aurlus Mabélé, dépositaire d’une musique populaire, le soukouss, à l’origine du ndombolo et de bien des musiques afro-pop, des musiques écoutées, appréciées aux quatre coins du monde, sur le continent, bien sûr, mais en Europe, les Amériques, dans les Caraïbes, l’Océan indien, l’Australie. Aurlus Mabélé était un grand frère pour bon nombre d’entre nous. En cette période de confinement, malheureusement, nous ne pourrons pas lui rendre l’hommage qu’il mérite. Mais vous pouvez, vous, sur vos réseaux sociaux, dire ce qu’il représente encore pour vous aujourd’hui. Et puis solliciter des autorités congolaises afin d’organiser autour de sa mémoire, autour de la mémoire d’Aurlus Mabélé, des instants inoubliables; qu’il soit décoré à titre posthume, parce qu’il le mérite…Hommage au grand, à l’immense Aurlus Mabélé», a, par exemple, témoigné Claudy Siar, le célèbre animateur de l’émission «Couleurs tropicales» de Radio France internationale (RFI), sur un vidéo postée sur les réseaux sociaux.
Aurélien Miatsonama à l’état civil, Aurlus Mabélé a vu le jour en 1953, dans le quartier cosmopolite de Poto-Poto, l’arrondissement 3 de Brazzaville.
Excellent danseur, c’est dans les années 70 qu’il décide de se lancer dans la musique, pendant qu’il était étudiant.
Quatre années plus tard, il met sur pied le groupe Ndimbola Lokole, avec ses compatriotes Mav Cacharel, Pedro Wapechkado, Jean Baron, etc.
Après Brazzaville, Aurlus débarque à Paris, pour les études. Mais, la musique étant plus forte que lui, en 1986, il fonde avec Diblo Dibala et Mav Cacharel le groupe Loketo.
Très vite, l’artiste devient l’une des figures de proue du genre musical qu’est le soukous.
Avec le guitariste de la rive gauche du fleuve Congo Diblo Dibala, il forme le duo le plus célèbre de tout le mouvement Soukous. Les deux virtuoses enregistrent plusieurs albums et sillonnent les quatre coins de la planète.
Malheureusement, quelques années après, Aurlus Mabele et Diblo Dibala sont gagnés par le virus de la division. Chacun forme son groupe «Loketo».
Le géniteur et propulseur du soukous a vendu plus de 10 millions de disques dans sa carrière! Parmi les chansons qui ont contribué à bâtir sa célébrité à travers le monde, on peut citer: «Africa Mousso», «Femme ivoirienne», «Evelyne», «Génération Washiwa», «Embargo», «Betty», «Asta De», «Loketo», «Vacances aux Antilles», «Zebola», «Ebouka», «Sans frontières», «Waka Waka», et «Douce Isabelle». Il a obtenu plusieurs prix, dont le trophée «Tam-Tam d’or» (les trophées de la musique congolaise), remporté en 2011, dans la catégorie «Valeurs d’Afrique» et les Maracas d’or gagnés au Brésil.
Depuis plusieurs années, la santé du chanteur congolais déclinait.
En 2005, en effet, le médecin lui diagnostique une tumeur maligne persistante de la gorge.
Peu de temps après, il est victime d’un accident vasculaire cérébral.
Abandonné à lui-même, le chanteur vivait dans une maison de repos médicalisée de la région parisienne. Des SOS ont même été lancés pour qu’on lui vienne en aide. Mais, en vain.
Pour cause de coronavirus qui sévit dans le monde, le roi du soukous ne pourra malheureusement pas avoir droit à un hommage à la dimension de sa renommée. Mais on espère qu’il sera au moins décoré à titre posthume.

Véran Carrhol YANGA

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