Union des musiciens congolais (UMC) : Plaidoyer pour la dissolution du BCDA

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Lors d’un point de presse animé le samedi 20 avril 2019, à Brazzaville, l’Union des musiciens congolais (UMC), par la voix de Pape God, le président de son Bureau exécutif national, a plaidé pour la dissolution du Bureau congolais du droit d’auteurs (BCDA). Une sortie médiatique qui fait suite à la nomination de M. Philippe Kanga comme président du conseil d’administration du BCDA, lors du conseil des ministres du 17 avril dernier.

 

Godefroy Magloire Bonguili (c’est le nom de Pape God, à l’état civil) a reconnu que la nomination du président du conseil d’administration du B.c.d.a est une bonne chose dont se réjouie toute la communauté artistique du Congo. Ce qui justifie le satisfécit adressé au Gouvernement, au Premier ministre Clément Mouamba, et au Président Denis Sassou-Nguesso, pour «l’attention qu’ils ne cessent de manifester à l’endroit des artistes du Congo dans le but de l’amélioration de leurs conditions de travail et de leur situation sociale».
Pour l’UMC, cette décision est d’autant plus rassurante que cela fait plus de vingt que le BCDA n’a plus tenu son conseil d’administration. «Ce qui explique des contre-performances notoires au niveau managérial et de ses missions de collecte et de répartition des droits d’auteurs ainsi que la mauvaise gouvernance qui y a prévalu, à en juger par le détournement d’importantes sommes correspondantes aux droits d’auteurs», a expliqué le président de l’UMC.
Tout en reconnaissant que cette nomination est d’une importance indéniable, l’organisation relève que c’est une décision qui ne repose sur aucun fondement juridique. «Nous ne comprenons pas que les services techniques qui ont eu la charge de cette affaire aient emmené le gouvernement et le chef de l’Etat à prononcer une décision d’une importance indéniable, certes, mais qui ne repose sur aucun fondement juridique.
Il est bon que tous ensemble, prenions rendez-vous avec l’histoire en constatant que les textes portant organisation et fonctionnement du Bureau congolais du droit d’auteurs (BCDA) sont tous caducs, ils sont purement et simplement désuets.
II est aussi bon que nous acceptions que le BCDA, dans sa forme actuelle, n’est pas en conformité avec les conventions internationales en matière de gestion collective des droits d’auteurs, car le Congo est membre de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)», s’est justifié Pape God.
«Il est bon que nous ayons tous le courage de dissoudre le Bureau congolais du droit d’auteur, de même qu’ont été dissoutes toutes les sociétés étatiques telles Hydro-Congo et tout récemment la SNE et la SNDE, afin de respecter l’esprit et la lettre des recommandations de la Conférence nationale et de la loi N° 21-94 du 10 août 1994 portant Loi-Cadre sur la privatisation des entreprises publiques en République du Congo.
Aussi, nous ne comprenons pas que des personnes hantées par un esprit de prédation, daignent toujours décider en lieu et place des artistes eux-mêmes et de disposer de leurs droits», a-t-il ajouté. Avant de remercier le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, pour «les efforts qu’il ne cesse de déployer pour apporter des solutions aux problèmes qui minent l’exercice de l’activité professionnelle des artistes, afin d’alléger leur supplice». Et d’exprimer la profonde gratitude de l’UMC au Premier ministre Clément Mouamba, pour «l’intérêt particulier dont il a toujours fait montre dans le souci d’améliorer la gouvernance et le cadre juridique du BCDA d’une part et, de renforcer les politiques et mesures afférentes au statut professionnel, social et économique des artistes. L’accent devant être mis sur une gestion privée avec un statut de société anonyme avec Conseil d’administration, conformément à l’acte uniforme OHADA relatif aux droits des sociétés».
L’UMC a également adressé une motion de soutien au Président Denis Sassou-Nguesso, «Grand protecteur des arts et des lettres».
A noter que ce point de presse s’est déroulé en présence de deux membres du légendaire orchestre les Bantous de la capitale, le patriarche Edo Ganga et Ricky Siméon, ainsi que d’une bonne brochette d’autres artistes, parmi lesquels Philippe Sita, Joson Philosophe, Zara Umporio, Romain Gardon, Grand Rebelle, et Giani Olando.

Véran Carrhol YANGA

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