Musique : Roga Roga, Officier des Arts et Lettres de la République française

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Figure de proue de l’orchestre Extra Musica, Roga Roga (Rogatien Ibambi Okombi, à l’état civil) vient d’ajouter une nouvelle distinction à son tableau de chasse très garni: Officier des arts et lettres de la République française. C’est au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée le samedi 6 avril 2019 à la Case De Gaulle, à Brazzaville, que celui que l’on considère aujourd’hui comme le fer de lance de la musique du Congo-Brazzaville s’est fait porter la médaille de sa distinction par l’ambassadeur de France au Congo, M. Bertrand Cochery.

 

S’adressant au récipiendaire, en présence de ses géniteurs et du ministre Léon Juste Ibombo (Postes, télécommunications, et économie numérique), Bertrand Cochery a affirmé que sa musique a du cœur, dans tous les sens du terme. Il a ajouté que la chorale fut le premier battement du cœur de la carrière musicale de Roga Roga, suivie de près par les pincements des cordes de la guitare. «Puis vint, en 1993, la guerre civile, la division, la fin de toutes les harmonies, le règne de toutes les mésententes, la bascule d’un pays dans la discorde, la violence et la mort. Vous avez puisé dans le génie musical une énergie salvatrice que vous n’avez eu de cesse de mettre au service de votre pays, de sa création, de son rayonnement, de sa jeunesse, de sa population, de sa réconciliation, de son redressement. Ainsi est né Extra musica. Vous avez fait d’une pierre deux coups: réveiller la musique congolaise, redonner de l’espoir et du sens à une génération. Ici, au Congo, mais tout autant à l’extérieur du Congo. «Freddy Nelson», «Etat-major», «La Sape», «Sorcellerie Kindoki», «Rupture» ou encore «242» sont autant de titres qui ont fait sa célébrité et celle des musiciens et artistes d’Extra Musica, mais aussi, et à travers vous, celle du Congo, sur les scènes du monde entier ou presque, de Brazzaville à Yaoundé, de Douala à Cotonou, d’Abidjan à Pékin, de Paris à Washington, de Montréal à Montreuil», a poursuivi le diplomate français. Qui s’est dit persuadé que le prix du «meilleur guitariste congolais» décerné à l’artiste en 1993 par le président Denis Sassou-Nguesso a été une bonne étoile. Tout comme l’a été cette étoile de Chevalier du Mérite congolais décerné par le chef de l’Etat congolais, en 2010, puis celle d’Officier, il y a un an.
«Aujourd’hui, cher Roga Roga, c’est la France qui vous honore et vous décerne la médaille d’Officier des Arts et Lettres. Ce pays, je sais, vous l’aimez. Vous êtes de cœur avec lui, et vous l’avez montré en 2015, lors des attentats du Bataclan», a affirmé Bertrand Cochery. Avant de lire un message de Claudy Siar, le célèbre animateur de l’émission «Couleurs tropicales» sur Radio France internationale (RFI), disant que l’histoire de Roga-Roga et d’Extra Musica est totalement liée à celle du Congo-Brazzaville.
Dans son allocution, le néo Officier des Arts et Lettres de la République française s’est dit très honoré de recevoir une distinction de la France, à la Case De Gaulle, et des mains de l’ambassadeur de France. «Cet honneur d’Officier des Arts et des Lettres n’est pas le fruit du hasard, mais je pense, sans risque de me tromper, c’est parce que le succès des artistes congolais est aussi dû, en bonne partie, au dispositif d’émergence artistique que la France met à notre disposition…La marque très forte de reconnaissance qui m’est donnée aujourd’hui n’aurait pas de sens si le groupe musical que j’ai eu l’honneur de créer avec les amis en 1993 et que je dirige jusqu’à ce jour n’avaient pas démontré ses qualités artistiques et sa persévérance, malgré les vents et marées. J’estime, pour ma part, que si j’ai quelques mérites, c’est d’avoir fait émerger une vision, une approche de notre musique, celle d’Extra Musica, les Zangul, jargon qui veut dire ‘’artistes de conviction de l’art’’ et d’avoir impulsé sa mise en œuvre, en traversant les frontières…
Pour moi, nous avons hérité d’un avant, les traces de nos aînés, les Bantous de la capitale, nous construisons un présent, la génération Extra Musica et nous préparons ou subissons un après, la musique urbaine, mais la typique que nous exerçons ou la rumba demeurera toujours. Telle est notre conviction...Cette distinction est aussi un moyen formidable de renforcer notre diversité culturelle et de prendre plus conscience des réalités du monde et de notre identité, me réconforte, renforce ma conviction de transmettre cette passion et me stimule à faire mieux demain. Notre défi actuel reste celui de soutenir l’écriture de notre musique et à faire lire, à travers les nations et la vulgariser», a déclaré le récipiendaire.
Pour la petite histoire, Roga Roga, âgé de 44 ans, a fait ses premiers pas dans les chorales Notre Dame de l’Espérance et Sainte Odile de Ouenzé, à Brazzaville, comme chanteur. Avant que Léo Bvegazi lui apprenne la guitare.
Après le groupe Cogec Stars, il crée avec des amis, en 1993, l’orchestre Extra Musica.  

Véran Carrhol YANGA

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