Dixième anniversaire d’Arterial Network Congo : Les acteurs culturels congolais réclament leur part du budget national

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Le réseau culturel panafricain a célébré, le 7 mars dernier, à Pointe-Noire, le dixième anniversaire de son implantation au Congo. L’occasion, pour les membres de la branche nationale d’Arterial Network, de formuler plusieurs recommandations, dont le reversement des 0,1% du budget national aux activités culturelles au Congo.

 

Musiciens, hommes de lettres, responsables d’espaces culturels, directeurs de festivals…La salle de conférences de l’espace culturel Jean Baptiste Tati-Loutard de Pointe-Noire a reçu, le 7 mars dernier, tout le gotha culturel ou presque de la capitale économique. Une mobilisation qui semblait à la mesure de l’événement: la célébration du dixième anniversaire du chapitre national (branche nationale) d’Arterial Network au Congo.
Si Félicien Guelbo Balendé, président d’Arterial Network Congo, et son équipe n’ont pas organisé des activités grandeur nature, en raison de la modicité des moyens, l’événement a, tout de même, été mis à profit, pour réfléchir sur les conditions de vie et de travail des acteurs culturels congolais. Insuffisance de financements, absence d’espaces culturels répondant aux normes techniques et professionnelles, indifférence notoire des pouvoirs publics à la promotion du secteur culturel au Congo….Les témoignages des acteurs culturels ont été unanimes: la gouvernance culturelle au Congo est des plus déplorables. Et dans un environnement aussi austère, il est difficile, voire impossible, pour nos artistes, d’avoir pignon sur rue, quelle que soit l’immensité de leurs talents.
Et pourtant, il faut mettre fin à une telle situation. Ainsi que l’atteste le thème choisi lors du dixième anniversaire d’Arterial Network Congo: «Mutualisons nos énergies pour un réel développement du secteur créatif congolais et africain». C’est ainsi qu’à l’unanimité, les participants à la célébration du dixième anniversaire d’Arterial Network Congo ont formulé une série de recommandations aux pouvoirs publics congolais. Par la voix de la comédienne Germaine Ololo, secrétaire générale d’Arterial Network Congo, les acteurs culturels ont demandé à l’Etat congolais d’ériger des espaces culturels adéquats sur toute l’étendue du territoire national, d’imaginer des sanctions à l’encontre des auteurs de chansons obscènes et stigmatisantes.
Mais, la plus grande recommandation aura été l’application immédiate de la loi 08-2010 du 26 juillet 2010 portant orientation de la politique culturelle au Congo. En effet, un article de cette loi recommande à l’Etat de consacrer 0,1% du budget national à la promotion de l’action culturelle. Malheureusement, depuis la promulgation de la loi, aucun artiste dans ce pays n’a jamais bénéficié d’un seul radis. Sans doute, comme d’habitude, par manque de textes d’application.
Mais, faudra-t-il encore attendre sept ans pour que ce texte d’application soit pris, lorsqu’on sait que l’application d’autres lois, comme celle sur le financement des partis politiques, a toujours été immédiate, voire automatique? Attendons de voir!

John NDINGA-NGOMA

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