Natacha Michelle Mokili, artiste-comédienne du groupe Molendé : «Au Congo, la comédie n’apporte aucun avantage»

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Artiste-comédienne officiant dans le groupe Molendé, de la Télévision nationale congolaise, depuis 1977, Natacha Michelle Mokili réside, actuellement, en France. Lors d’un récent séjour à Brazzaville,  elle nous a accordé une interview dans laquelle elle parle de sa carrière, des difficultés rencontrées, des souvenirs, etc.

 

*Depuis combien d’années faites-vous partie du groupe Molendé?
**C’est depuis 1977. Après avoir fait partie des acteurs qui avaient joué dans le film «La Chapelle». Le réalisateur de ce film a apprécié mes compétences et m’a proposé d’intégrer le groupe Molendé. A notre arrivée, nous avions succédé à Anne-Marie Samba, Thérèse Makanda, etc.

*Vous n’êtes plus visible, lors des prestations de ce groupe?
**Actuellement, je réside en Europe. Mais, je suis toujours membre du groupe Molendé. Je tiens à préciser que tous ceux qui font partie du groupe, présentement, l’ont intégré après moi. D’ailleurs, à mon arrivée, c’est Zizi Libundu qui en était la responsable. En dehors du théâtre en langue lingala, j’ai aussi pratiqué le théâtre en français.

*Que dites-vous des différentes pièces où votre talent a été mis en exergue?
**Il y en a plusieurs, comme ‘’La femme infidèle ‘’, une pièce qui m’a beaucoup marquée, et que j’ai également jouée au C.f.r.a.d (ndlr : Centre de formation et de recherche en art dramatique). Tous les mauvais et bons rôles m’étaient souvent confiés. Et, à l’époque, nous avions un réalisateur strict. Il fallait bien étudier son rôle et faire des répétitions, comme si c’était au cinéma. Il y avait du sérieux dans ce que nous faisions, voilà pourquoi les téléspectateurs du Congo et des pays limitrophes nous faisaient confiance.

*Quels avantages le théâtre  vous a procurés?
**Au Congo, notre pays, la comédie n’apporte aucun avantage. Pour nous, l’essentiel, c’est, simplement, d’éduquer les enfants et faire valoir nos langues nationales. Nous faisons le bénévolat. Il y a, certes, la célébrité mais, elle ne paye pas, on peut juste vous offrir une bière, c’est tout. Mais, par contre, dans d’autres pays, ceux qui sont célèbres disposent de véhicules, par exemple.
*Quelles difficultés rencontrez-vous, et quels souvenirs gardez-vous?
*Au début, le groupe Molendé était à la charge de Télé-Congo. Quand il y avait un enregistrement, les artistes savaient que le réalisateur, Alain Nkodia, allait faire la programmation. Les caméras étaient à notre disposition, et nous avions un sponsor. Ce n’est plus le cas, aujourd’hui! Le seul souvenir que je garde, c’est la décoration que j’ai reçue à Kinshasa, à l’époque du président Mobutu. A Brazzaville, j’attends toujours, je ne sais pas si ça se fera à titre posthume. L’autre souvenir, c’est la reconnaissance que les populations ont à mon égard, partout où je passe, et cela me fait plaisir.
*Que dites-vous, pour conclure?
**Mon dernier mot s’adresse, d’abord, au président de la République, qui a nommé un ministre de la culture qui aime le théâtre et la culture, parce que plusieurs personnalités ont occupé ce poste depuis 1977, mais aucun n’a reçu les comédiens. Outre cela, il faut aider les artistes-comédiens qui éprouvent beaucoup de difficultés dans leur travail. Mais aussi, songer à leur trouver une salle pour exercer sans trop de peine.

Propos recueillis par Alain-Patrick
MASSAMBA

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