Disparition : Cofondateur des Bantous et de l’O.K Jazz, Célestin Kouka «Célio» a tiré sa révérence

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Auteur des chefs-d’œuvre comme «Comité Bantou», «Mawa ya Hotelet», «Georgina wa bolingo», «Rosalie Diop», «Kélélé mapassa», «Kouka ba dia ntseke», «Caprices», «L’heure de la vérité», «Vévé nalinga» et cofondateur des mythiques orchestres les Bantous de la capitale (Brazzaville) et O.k Jazz (Kinshasa), le chanteur Célestin Kouka, dit Célio, a soufflé sa dernière bougie. Aux premières heures du samedi 20 août 2016. Au C.h.u (Centre hospitalier et universitaire) de la capitale congolaise. L’artiste dont la santé était déclinante, depuis plusieurs années, a tiré sa révérence, à 81 ans. Flashback sur la carrière de ce chanteur qui a marqué d’une pierre blanche l’histoire musicale des deux rives du fleuve Congo.

 

Fils de Benoît Bitambiki et de Madeleine Talantsi, Célestin Kouka a vu le jour, le 5 février 1935, à Brazzaville. Lui-même affirme avoir commencé à chanter à l’école, à l’âge de 8 ans. En 1944, en effet, il est sélectionné en qualité de chantre soprano, dans la chorale Saint François d’Assise du Plateau. Où il évolue jusqu’en 1949, sous la houlette des abbés Auguste Roch Nkounkou et Fulbert Youlou.
Après l’obtention de son C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires), il est admis au Petit séminaire de Mbamou, dans l’intention d’être sacré abbé. Mais, son dessein ne sera pas exaucé, puisque deux années plus tard, il est renvoyé du séminaire. Pour cause d’indiscipline. Et est réorienté au lycée Chaminade de Brazzaville, où il reste une année et se plait à interpréter des chansons françaises. Parmi ses idoles: Mariano et Tino Rossi. C’est ce dernier qui l’aurait le plus influencé.
En 1952, Célio débute sa carrière musicale dans l’orchestre instrumental du Cercle culturel de Bacongo (arrondissement 2 de Brazzaville), où il apprend à jouer du saxophone. Initié par son cousin, Sébastien Bikouta, dit Biks. Après le départ de ce dernier en Europe, il rejoint un autre groupe qui jouait de la musique instrumentale: le Cercle culturel, qu’il quitte quelques temps après, pour fonder le Cercul Jazz (contraction de Cercle culturel), avec Ferdinand Nkounkou, Ntouta Mamadou, Paul Nzoungou, Yebeka, etc.
Engagé, par l’intermédiaire de l’une de ces relations, au Consulat britannique, en qualité de planton, puis, admis au secrétariat du consul, en qualité de dactylographe, l’artiste décide, contre toute attente, de prendre la porte, après huit mois d’exercice. 
En 1953, il intègre, à Poto-Poto, l’orchestre C.d.j (Compagnons de Joie), d’Isidore Diaboua, dit Lièvre, où évoluent, entre autres, Jean-Serge Essous, Pandi Saturnin, et Charly Ivorra.
Une année après, l’orchestre Negro Jazz, dirigé par Joseph Kaba et domicilié au célèbre bar «Chez Faignond», l’accueille. Il évolue aux côtés d’Edo Ganga, Nino Malapet, Essous, Bienvenu Beniamino, Bruno Yengo, Emmanuel Galiba, etc.
Se rendant, régulièrement, à Léopoldville (actuelle Kinshasa), le Negro jazz prend ses quartiers au bar-dancing Air France, en 1955. Avant de se disloquer, courant 1956. Année au cours de laquelle Célestin Kouka entre aux Editions Loningisa, en qualité de maracassiste, puis de chanteur et maracassiste. Adoubé par Edo Ganga. Le 20 juin de la même année, il prend part à la création de l’O.k Jazz, avec Victor Longomba, dit Vicky, François Luambo «Franco» , Daniel Loubelo, Bosuma Desoin. Il y évolue jusqu’en avril 1959, avant de rentrer à Brazzaville, en compagnie de son ami, Edo Ganga. Ils sont rejoints par Delalune, Pandi et Essous, pour matérialiser le projet de la création de l’orchestre Bantou, conçu de l’autre côté du fleuve Congo. De 1959 à 1972, il est de toutes les aventures des Bantous de la capitale: le bal de l’indépendance du Congo, en 1960, le Festival des Arts nègres de Dakar, en 1966, et le Festival panafricain d’Alger, en 1969, pour l’essentiel.
En 1972, suite à l’implosion des Bantous, Célio crée, avec Pamelo et Kosmos, le Trio Cépakos, puis l’orchestre Le Peuple. Les défections de Pamelo, en 1978, et de Kosmos, en 1984, mettent un terme à cette belle expérience musicale. Son retour, en 1987, dans les Bantous de la capitale, n’est pas concluant. Il claque la porte, une nouvelle fois. En 1990, il crée Bantous Monument, en compagnie de Ganga Edo et Passi Ngongo Mermans. Echec.
En 2000, Célestin Kouka tente de renflouer l’orchestre Le Peuple. L’expérience fait long feu. Et en 2004, il signe son grand retour au sein des Bantous qu’il ne quittera plus, jusqu’à sa disparition.
On espère que ce «baobab» de la musique congolaise aura droit aux obsèques à la dimension de sa renommée.

Véran Carrhol YANGA

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