Koffi Olomidé : Embastillé, pour avoir assené un coup de pied à une danseuse!

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Patron de l’orchestre Quartier latin international, Koffi Olomidé, star de la chanson de la République Démocratique du Congo, a eu le toupet, le samedi 23 juillet dernier, d’assener un coup de pied, au niveau du ventre, à l’une de ses danseuses. Devant les caméras de télévision. C’était à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi (Kenya), ville où le chanteur devait se produire avec son groupe. Mal lui en a pris, puisque la scène a défrayé la chronique, notamment dans les médias kenyans et congolais, puis sur les réseaux sociaux où elle a soulevé une vague d’indignation.


Dans la soirée, la Commission nationale sur le genre et l’égalité avait publié une déclaration appelant l’inspecteur général de la police kenyane à ouvrir, immédiatement, une enquête. «Le chanteur a été emmené au poste de police de l’aéroport et pourrait être inculpé, rapidement», a indiqué, à l’A.f.p. (Agence France presse), une source policière.
Arrêté par la police kenyane, après une nuit de garde à vue, au poste de police de l’aéroport, et expulsé, Antoine-Christophe Agbepa Mumba (c’est le nom de Koffi Olomidé, à l’état civil) a, d’abord, maladroitement, voulu justifier son geste. «J’ai voulu séparer une altercation entre les membres de mon groupe», avait-il déclaré, en substance. Avant de faire profil bas, et, finalement, demander pardon, dimanche 24 juillet dernier. Au cours de l’émission «Karibu Variétés», de notre consoeur Mamie Elela, diffusée sur la chaîne de télévision publique R.t.n.c. Mais, visiblement, cet acte de «contrition» n’a pas suffi à faire baisser la tension. Bien au contraire. S’appuyant, certainement, sur la demande des autorités kenyanes enjoignant à la justice de la R.d. Congo d’engager des poursuites à l’endroit du «donneur de coup de pied», Zacharie Bababasue, député national et journaliste (en bisbille avec Koffi Olomidé), a écrit au ministre de la justice, Alexis Tambwe Muamba, pour en savoir plus sur l’acte qui a conduit à l’expulsion du «Rambo» de la musique congolaise du Kenya.
C’est ainsi que, mardi 26 juillet 2016, dans la matinée, Koffi Olomidé a été arrêté, à son domicile, sis au quartier Mont Fleury, dans la capitale de la R.d.c. Sur ordre du procureur général de la République. Entendu, pendant de longues heures, le patron du Quartier latin international a été placé, le même jour, à la prison centrale de Makala. Où il doit méditer sur son acte qui va, sans nul doute, faire de l’ombre dans sa carrière artistique.
Inculpé «pour coups et blessures volontaires et troubles à l’ordre public», le célèbre chanteur risque 8 jours à 6 mois de prison ferme, s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Le chanteur a été, déjà, condamné, en 2012, à trois mois de prison, avec sursis, à Kinshasa. C’était pour avoir donné un coup de poing à son producteur, Diego Lubaki. Koffi Olomidé est, aussi, poursuivi en France, pour «viols sur mineures et séquestration» par trois de ses ex-danseuses, mais également pour «actes de barbarie en bande organisée et trafic d’êtres humains». Ce qui explique que cela fait plusieurs années qu’il ne met plus les pieds en Europe.
«Détenu sous un mandat d’arrêt provisoire, le chanteur sera présenté devant un tribunal, dans cinq jours (Ndlr: à compter de la date de son arrestation)», a précisé, à l’A.f.p., une autorité judiciaire de la R.d. Congo.
Indignés par l’acte posé par la star de la chanson congolaise, les autorités zambiennes ont demandé l’annulation du concert qu’il devait livrer, la semaine prochaine, à Lusaka.
Le samedi 20 août 2016, il est prévu que Koffi Olomidé se produise, à la Résidence Elondé, à Kintélé, à une dizaine de kilomètres, au nord de Brazzaville, avec son Quartier latin international. Ce concert aura-t-il lieu? Seul l’avenir nous le dira.

Sévérine EGNIMBA