Coup d'oeil en biais

Deuxième sortie Nord de Brazzaville : l’érosion travaille, les autorités pas du tout

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La route de la deuxième sortie nord de Brazzaville est menacée: un grand ravin s’est ouvert au bord de la chaussée à quelques encablures de l’hôtel Elonda, à Kintélé. Ce ravin, provoqué par l’érosion, menace de s’agrandir et de couper la route en deux et occasionner ainsi l’interruption de la circulation, si l’on n’y prend garde. Il y a quelques jours, un effroyable accident de circulation s’y est produit, faisant 9 morts selon des témoignages. Les victimes se trouvaient dans un minibus de transport public. Le chauffeur tentait d’éviter des branchages sur la chaussée, mis comme de coutume pour signaler un danger aux automobilistes. Malheureusement, dans sa vitesse, le chauffeur a vu cet obstacle trop tard. Le manque de politique d’anticipation en matière d’aménagement et le silence des autorités habilitées inquiètent les riverains et les usagers. Il faut souhaiter que le ciel ne nous envoie pas trop de pluie, sinon la route ne sera plus qu’un vieux souvenir. Dans notre pays, l’anticipation est une mesure inconnue. On préfère toujours attendre, tranquillement,  l’irréparable!

Le FMI s’est bel et bien intéressé à la question de la lutte contre la corruption au Congo

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En donnant son éclairage sur les négociations entamées à Brazzaville au début de ce mois, entre le Congo et le FMI (Fonds monétaire international), le Premier ministre Clément Mouamba a avoué au cours de sa conférence de presse du mardi 10 octobre 2017, que le Fonds s’est intéressé, également, à la question de la corruption qui gangrène notre société et au phénomène du blanchiment d’argent présent dans certains pays, peut-être aussi le nôtre, par le fait d’avoir un accroissement de la masse de dépôt qui ne se justifie pas du tout. Le FMI a voulu avoir une idée des résultats du fonctionnement des organes de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, les statistiques des déclarations de soupçons et des gens poursuivis pour ces délits, etc. Pour certains analystes économiques, c’était inévitable. Selon eux, le non-respect des procédures légales dans la gestion des fonds publics, les détournements mineurs et importants, la corruption et la concussion, la gabegie, tous ces maux reconnus implicitement par le PM (Premier ministre) ne pouvaient que provoquer l’hémorragie des finances publiques, au point que les gestionnaires du pays ne se gênent même plus de proclamer que les caisses de l’Etat sont vides.

Crise du carburant : Brazzaville asphyxiée tourne au ralenti

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La crise du carburant a atteint des proportions insupportables dans la capitale congolaise. Le transport et d’autres secteurs tournent au ralenti. La situation était tendue la semaine passée. Les chauffeurs des bus sont souvent obligés d’imposer un fractionnement des trajets, et ils en abusent pour augmenter la rentabilité de leurs véhicules. Cela oblige les passagers à prendre plusieurs bus différents pour parvenir à destination. Certains Brazzavillois, faute d’argent suffisant, sont  contraints de marcher sur une longue distance pour éviter de prendre plusieurs bus différents. Le temps de transport, déjà affecté par les embouteillages, est ainsi considérablement rallongé. Cela est la cause, par exemple, d’une recrudescence d’absentéisme au travail ou de retards aux postes de travail. Les Brazzavillois constatent que pas grand-chose ne marche. Les causes de cette crise sont multiples. Outre la crise armée qui sévit dans une partie du département du Pool ayant provoqué l’interruption du trafic sur le CFCO (Chemin  de fer Congo Océan), il y a la faible capacité des camions-citernes des sociétés chargées de la distribution des produits pétroliers. C’est un véritable nœud gordien que le Gouvernement n’arrive pas à démêler. A l’heure où la situation économique et financière est morose, cette crise est la manifestation réelle du malaise socio-politique qui perturbe le Congo.

Grève au CHU et au CNTS: tout le monde est désemparé. Sauf le Gouvernement?

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Les travailleurs du CHU-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) ont maintenu leur grève générale illimitée la semaine dernière pour exiger le paiement de trois mois d’arriérés de salaires, et menacé de supprimer le service minimum le 14 octobre si rien n’est fait pour les soulager. A cause de cela, les malades et leurs proches sont désemparés. Les agents du CNTS (Centre national de transfusion sanguine) ont débrayé avant eux, le 22 septembre. Or ils sont les garants d’un sang non contaminé. Ces derniers jours des gens ont couru à gauche et à droite  à la recherche de sang pour leurs proches malades. Et pour cause, il y aurait déjà rupture du stock de poches de sang au CHU, où on aurait par ailleurs déjà enregistré des morts il y a quelques jours. On est tenté de dire que ces deux grèves ont un arrière fond immoral, car laisser mourir des malades sous prétexte de grève, comment comprendre cela? Malheureusement, les travailleurs du CHU et du CNTS n’ont pas d’autres moyens de pression sur le Gouvernement pour faire aboutir leurs revendications. Un Gouvernement Mouamba qui donne l’impression d’avoir opté pour un profil bas par rapport à ces deux grèves qui s’ajoutent à celle des travailleurs de l’Université Marien Ngouabi.


Des déclarations fracassantes de Paul Marie Mpouélé

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Dans son journal dominical de 7h00, Radio-Congo a donné l’occasion à un jeune loup de l’opposition dite modérée, Paul Marie Mpouélé, Président du parti ‘’Les Républicains’’, membre du ROC (Rassemblement de l’Opposition congolaise), de s’exprimer sur, entre autres sujets brûlants, la situation économique et financière difficile du pays qui a contraint le Gouvernement à se tourner vers le FMI pour s’en sortir. Nous avons relevé quelques-uns de ses propos. S’agissant de l’opportunité de recourir au FMI: «Ceux qui sont responsables de la banqueroute du pays nous disent que la solution c’est aller vers le FMI. Le FMI nous donnera de l’argent mais ça sera pas une aide, ça sera un prêt et à taux d’intérêt très élevé. Vous voulez être comme le caïman qui va fuir la pluie pour plonger dans l’eau. Je m’insurge contre un éventuel prêt du FMI».  Sur la responsabilité, selon lui, du Chef de l’Etat: «J’en appelle au Président de la République, qui est le père de la Nation mais en même temps responsable de cette banqueroute à faire profil bas et à dire: ‘’Toutes les intelligences du Congo, venez! Retrouvons-nous. Comment faire pour sortir de cette situation?’’. Mais on ne peut pas, comme ça, décider et dire: nous recourons au FMI quitte à ce que nous allions demander un prêt, même si c’est 100 ans (NDLR: de remboursement) tant pis pour les générations futures. C’est gravissime!».
Sa solution pour juguler la crise financière: «On a eu des excédents budgétaires qu’on a mis dans un compte de stabilisation, il y en a qu’on a mis dans un compte pour les générations futures. Mais maintenant que la génération présente est en difficulté, on fait quoi? On prend cet argent des générations futures; on l’injecte pour éviter la crise.»
Concernant le coût réel des travaux lancés dans le cadre des municipalisations accélérées: «Nous avons demandé qu’on fasse un audit des Grands travaux et un audit des municipalisations accélérées pour qu’on voit s’il y a adéquation entre ce qui a été prévu et les dépenses qui ont été effectuées. S’il n’y a pas adéquation, que le patron de cette maison vienne répondre et que s’il y a de l’argent qui est égaré quelque part, que cet argent soit ramené au pays. Voilà notre démarche. Nous ne disons pas qu’on va s’asseoir parce que nous voulons évincer le président Sassou du pouvoir. Pas du tout»

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